Le Devoir et sa quête de fonds publics? Non merci.

Dans une salle aseptisée et remplie de nos élites québécoises, le directeur du Journal Le Devoir Brian Miles nous a récemment démontré à quel point son entreprise est déconnectée, non seulement de l’évolution actuelle de la communication, mais également de la réalité des québécois de tous les jours.

 

Lors d’une allocution diffusée ce weekend par le Canal Savoir, cet ancien patron syndicaliste, non satisfait que les québécois soient les contribuables les plus taxés en l’Amérique du nord, demande sans aucune gêne aux autorités gouvernementales d’investir davantage de fonds publics afin de sauver son entreprise aux finances moribondes.

 

  1. Miles ne parle pas ici à nos décideurs d’investir dans le domaine de la santé ni d’offrir davantage de ressources en éducation pour nos enfants. Non, bien évidemment. Pour nos élites québécoises, s’occuper de la plèbe et de leurs « petits problèmes » est fort loin de leurs priorités élitistes et corporatistes existentielles.

 

Plus précisément, M. Miles veut de l’argent public et un traitement fiscal personnalisé à son entreprise qu’il juge indispensable à notre survie. Il a une multitude de demandes, toutes aux frais des contribuables. Je le paraphrase : « Il faut sauver la démocratie et le journaliste qui en est son gardien…et peu en importe le coût car la démocratie n’a pas de prix. »

 

Il profite bien sûr de sa tribune pour discréditer les réseaux sociaux et il n’est pas le seul à « démoniser » les écrits des gens ordinaires comme vous et moi. Une journaliste du Devoir, Josée Blanchette, pose ensuite un regard fort réducteur sur les réseaux sociaux et nous tous qui y commentons. Je la paraphrase : « Nous sommes des ignares, nous ne réfléchissons pas, nous écrivons n’importe quoi et j’en passe… ».

 

En fait, le scénario est plutôt simple : l’élite québécoise et ses journalistes n’aiment pas que le tapis de l’information et de l’influence leur glisse de plus en plus sous les pieds et je le répète depuis près de dix ans. Le Devoir n’en peut plus de perdre des lecteurs et des annonceurs et, au lieu de se redresser l’échine et de faire mieux et davantage tous les jours, blâme plutôt et sans ménagement ceux et celles qui sont de plus en plus nombreux à ne pas lire ni à annoncer sur ce journal vieilli.

 

En fait, quand on est habitué à vivre à « six mille lieues au-dessus des gens » ; quand on regarde de très haut et ridiculise le nouveau pouvoir de diffusion populaire de l’information, on se retrouve alors sur un trottoir élitiste à quêter en public pour survivre. Voilà des gens déconnectés qui n’ont encore rien compris de l’évolution du monde des communications.

 

Voilà donc où en est rendu ce supposé fleuron québécois ou défenseur supposément incontournable du lecteur orphelin. Au lieu de prendre les moyens internes de s’améliorer ; au lieu de se rapprocher du « lecteur roi », le Devoir, au milieu de son irresponsabilité séculaire, demande plutôt aux autres de réparer ses pots cassés.

 

  1. Miles, dans toute la candeur qui le caractérise, va jusqu’à confesser à son auditoire captif que son journal est en mode survie depuis 1904, qu’il a toujours été aidé depuis mais que maintenant il faudra en faire davantage collectivement et sans rechigner pour sauver son propre emploi et celui de ses collègues.

 

En tant que défenseur acharné des réseaux sociaux et de ses abonnés, je dirai plutôt que le temps est venu que toute cette mascarade journalistique élitiste cesse. Le Devoir ne serait plus capable de survivre par lui-même ? Qu’il cesse alors ses activités, point à la ligne et les contribuables n’ont donc aucunement à le subventionner. Avouons-le, dans l’état actuel des choses, cela ne changerait pas grand-chose à la démocratie ni au quotidien des québécois qui n’en ont rien à cirer de cette pédanterie épistolaire de plus en plus ignorée.

 

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