Une profession qui pourrait être noble!

De noble qu’elle pourrait être, un autre événement nous démontre à quel point la « profession » de journaliste peut parfois être dégradante et je pèse mes mots. Envahi voire détrôné par le citoyen commentateur sur les réseaux sociaux, le journaliste dit professionnel travaille de plus en plus en mode survie.

 

Dans un univers de fermetures et de pertes d’emploi de plus en plus présentes dans son secteur, il tente d’endiguer le tsunami social populaire propulsé par les réseaux sociaux. Dès qu’il en a la chance, il condamne les Facebook et Twitter de ce monde tout en les utilisant abondamment pour son travail de tous les jours. Il dénonce, souvent avec véhémence, le manque de rigueur, la pauvreté du vocabulaire et surtout les déclarations et vidéos intempestives qu’on pourrait y retrouver.

 

En effet, qui n’a pas lu ou entendu les complaintes incessantes de nos médias supposément publics et professionnels à propos des commentaires des gens ordinaires qui s’expriment de tout leur cœur et franchise sur Facebook ? Qui n’a pu ainsi comprendre que les journalistes ne veulent en aucun temps mentionner tous les gestes méritoires qui y prennent de plus en plus de place ? Qui n’a pas compris qu’en agissant ainsi la « profession » traditionnelle veut uniquement sauver sa peau ? Qui n’a surtout pas compris que le journaliste qui réagit de la sorte est l’artisan de son propre malheur ?

 

Ce qui est clair : au lieu de prendre les moyens de s’améliorer lui-même, le journaliste s’en prend plutôt à la « compétition » populaire qui le détrône. Évidemment ces derniers ne sont pas sur le même pied : il y en a de très bons, j’en connais et je veux le souligner. Au niveau des réseaux sociaux, il se dit et se fait également des choses répugnantes mais il serait loufoque de généraliser la décrépitude à l’ensemble des internautes comme l’ont fait dernièrement et grossièrement M. Richard Martineau et bien d’autres membres de la « confrérie ».

 

La diffusion télévisée de la vidéo de Rob Ford est un autre exemple pathétique de panique et de manque d’éthique journalistiques. Un homme décédé, qui a largement payé pour ses fautes, est porté une fois de plus à l’écran et sans qu’il ne puisse se défendre. En posant ce geste dégradant, la « profession » fait exactement ce qu’elle reproche aux médias sociaux : soit de dire et faire n’importe quoi et de façon irrespectueuse. Voilà qui est de plus en plus inquiétant dans un univers d’information où les réseaux sociaux sont gratuits alors que nous n’avons pas le choix de payer pour les budgets faramineux de la télé d’état et les abonnements devenus disproportionnés de nos feuilles de chou.

 

Ce billet me permet donc d’expliquer la situation actuelle et de dénoncer publiquement la diffusion de cette vidéo. Tous ceux et celles qui lisent les études sociales et technologiques actuelles comme je le fais quotidiennement pourront prédire, par le fait même, que la « profession » continuera de décliner rapidement si elle continue de telles pratiques dégradantes. La nouvelle génération de lecteurs et de téléspectateurs ne prise donc guère ce genre de contenu et ceux et celles qui le publieront pourraient rapidement en payer le prix fort.

 

A cet effet, qu’il suffise de mentionner aux journalistes qu’une des priorités de Facebook est de mettre la presse traditionnelle de plus en plus sur la voie d’évitement d’ici 2020 et nous comprenons maintenant pourquoi. Une telle tendance pourrait aller plus vite que prévu.

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