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Je m’excuse de dire tout haut!

Il n’y a pas si longtemps, les réseaux traditionnels de communication régnaient en rois et maitres sur la population. La télé, la radio, les journaux, les magazines et les panneaux publicitaires, tantôt vantaient les mérites d’une marque, tantôt nous abreuvaient d’informations de toutes sortes : politiques, culturelles, économiques et j’en passe.

 

Quand on lit l’Histoire ; quand, tout comme moi, on a vécu cette époque tout comme l’ont subie les gens de ma génération, un constat s’impose : les réseaux traditionnels filtraient, cachaient et allaient même jusqu’à très souvent déformer les faits. Vous savez : le fameux phénomène « off the record » alors très présent et malheureusement toujours en vigueur dans la confrérie journalistique parlée et écrite ?

 

Les exemples « d’omissions » sont multiples : qu’il suffise de mentionner les déclarations récentes de journalistes qui révélaient que tout le monde du milieu savait à propos de l’affaire Jutra.  Alors dites moi s’ils étaient tous au courant ; s’ils sont effectivement nos yeux et nos oreilles : pourquoi n’en ont-ils jamais parlé ? Poser la question, c’est y répondre. Le journaliste, pour garder son pouvoir, son job le plus longtemps possible et protéger ses sources prioritaires, devait jouer à la cachette. Mais, vous savez quoi ? Les temps changent.

 

Il n’y a pas si longtemps, les réseaux sociaux conversationnels sont apparus. Le pouvoir a ainsi commencé à changer de main. Le monopole journalistique de la diffusion a dès lors commencé à s’effriter. Tout à coup et de plus en plus, la parole publique démocratisée s’est mise de la partie.

 

L’instantanéité et la parole publique ont donc pris une surface de plus en plus grande du plancher médiatique au grand désarroi de notre presse de plus en plus désarmée et critiquée. Bien qu’elle utilise abondamment les réseaux sociaux pour son travail, la presse traditionnelle s’insurge. Elle parle de désinformation publique, de manque de réflexion, de gros mots, d’exagérations et j’en passe… omniprésents sur ce qu’elle considère être le vilain Facebook. Pour en quelque sorte se justifier, notre presse en déclin y publie régulièrement des études sur les effets néfastes que pourraient provoquer ces nouveaux réseaux : sur la santé, sur les dépenses et sur je ne sais quoi…

 

Notre presse traditionnelle dit aussi s’inquiéter de la véracité des informations qui se retrouvent sur les comptes Twitter de ce monde. En fait, lorsqu’on aborde la question existentielle du manque de transparence (parfois même de franchise) dans notre société de communications, je vous suggèrerai que certains de nos journalistes ne parlent alors qu’en connaissance de cause et qu’ainsi ce ne soit pas la vraie raison. Voyant le tapis de l’influence leur glisser sous les pieds, ces derniers ne veulent que protéger leurs emplois de plus en plus menacés et critiquent ainsi ce que les citoyens et blogueurs compétiteurs osent écrire. Oui je les comprends alors nos journalistes : c’est fâchant de se faire enlever graduellement le jouet qu’on chérit depuis plusieurs décennies.

 

En ces temps de changements technologiques et sociaux irréversibles, tous devront s’y faire : les réseaux sociaux sont là pour rester et croitre. La population s’y exprimera de plus en plus, souvent pour le meilleur et parfois pour le pire. Notre presse traditionnelle vivra, aussi pour le meilleur et le pire, mais selon ses moyens de plus en plus réduits. Pour survivre encore longtemps, elle devra toutefois changer et s’adapter à la transparence totale. En ces temps nouveaux, la presse traditionnelle devra enfin comprendre que la transparence a dorénavant bien meilleur goût.

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