Et si Randy Cunneyworth était un russe!


Chers amis(es), la nomination  malhabile du nouvel entraîneur de la Sainte Flanelle est en train d'ébranler les colonnes du temple québécois. Pierre Gauthier, un perdant s'il en est un, a posé le même geste stupide  que ses prédécesseurs: soit mettre a la porte un entraîneur francophone aux prises avec une équipe  de deuxième ordre. Et ce n'est pas la première fois que cette organisation chérie de bien des québécois pose des gestes incompréhensibles. Foutre a la porte le coach d'une équipe B , peu importe sa race ou sa langue,  n'a rien de très brillant .

En fait, ce club de hockey a vraiment peu de flair et de jugement  lorsqu'il s'agit  de congédier des entraîneurs, peu importe leur langue et leur provenance . Je sais que  cela va faire mal a tous  ces amateurs inconditionnels du Tricolore mais souvenez vous que les ex coachs montréalais  Claude Julien et Alain Vigneault se sont disputés la finale de la coupe Stanley de l'an dernier. Pour  une organisation  qui a dépassé le siècle d'existence et de gloire , force est de croire que le deuxième étage, depuis  plus de dix ans,   manque cruellement de compétence et de jugement lorsqu'il s'agit d'évaluer son personnel de direction.

Depuis la dernière coupe Stanley gagnée par l'équipe de Jacques Demers, six entraîneurs francophones se sont succédés et ont  tour a tour  été remerciés (sic!).Pendant tout ce temps, des dizaines de joueurs ont revêtu l'uniforme sacré, n'ont que peu gagné  et il n'en reste que quatre  a s'exprimer dans la langue de Molière.Pendant plus d'une décennie , le tricolore a eu un capitaine  finlandais qui ne s'exprimait pas en français.   Lors des séances de repêchage, la direction du  seul club situé dans un milieu majoritairement  francophone se  targue sans cesse   de dire que l'on va chercher le meilleur talent disponible: la langue ne semble alors n'avoir aucune influence sur le choix de l’athlète repêché. Et personne ne rechigne.

Alors, expliquez moi: que se passe t il alors, tout a coup dans la tête des amateurs du Canadien et de certains politiciens ? Pourquoi, soudainement, une telle levée de boucliers patriotiques? Impératif français, la Société Saint Jean Baptiste, il ne manque que VLB , Pierre Curzi et Normand Lamour  : qu'ont ils dénoncé au cours des dix dernières années lorsque le capitaine finlandais répondait en anglais seulement  aux questions des journalistes groupies?

Combien de fois avons nous entendu parler les amateurs et certains grands penseurs de nos feuilles de chou   parler de l'absence de français dans les propos de Saku Koivu? J'ai une autre question. Dites moi : quand les partisans et les politiciens  se sont ils opposés  au repêchage d'un hockeyeur junior russe ou slovaque et qui ne parlait pas le français?

Alors, je me pose la question suivante: pourquoi tout ce tollé soudain à propos du citoyen  Cunneyworth? Serait il le premier entraineur montréalais unilingue anglophone? Dick Irvin, coach émérite de ce club, dirigea de main de maître   son équipe  au cours du dernier siècle et il   ne s''exprimait que dans  la langue de Shakespeare. Alors je pose la question a tous ces  patriotes dénonciateurs qui se sont bravement levés  depuis le weekend dernier: ou étiez vous  lors de la dernière décennie? Je ne vous ai pas beaucoup entendus vous plaindre. Qu'avez vous a reprocher a Cunneyworth? Que nous a t il  fait? Aurait  t il commis un crime  ? A t  il été impoli envers quelqu'un? Serait ce devenu illégal de s'exprimer en  anglais? Et si on avait offert le poste a Tretiak,qui n'est pas un maudit anglais, quelle aurait été la réaction  de la population?

Chers amis(es),Je suis un ardent défenseur de la langue française  mais je vous dirai  que  nous vivons présentement un faux débat. Posez vous la question suivante: si le choix d'un club est d'avoir le meilleur personnel disponible en tout temps  pour gagner; si l'on repêche autant de  russes,de  finlandais et  si peu de francophones: n'y aurait il pas une raison  fort simple? Ces gens d'ailleurs seraient ils meilleurs?C'est cruel mais ce pourrait etre la vraie réponse!

Randy Cunneyworth pourrait il devenir, malgré son unilinguisme, un entraîneur gagnant? Moi je dis a la population: oui  ce serait mieux qu'il puisse s'exprimer en français, qu'il prenne rapidement des cours d'immersion  dans la langue de Molière,   mais donnez lui au moins  la chance de se faire valoir avant de la crucifier sur la place publique. Le gars  n'a  disputé qu'un seul match et on pense déjà a sa succession. Que l'on respecte un peu monsieur Cunneyworth meme, si  pour bien des obtus, ce n'est qu'un maudit anglais! Et j'espère, je souhaite et je prie  pour  que Patrick Roy ne fasse  pas la gaffe  monumentale  de mettre en péril sa qualité de vie et de ne devenir qu'un entraîneur en sursis.Il pourrait amèrement le regretter!

Chers lecteurs et lectrices,  je vous dirai alors  que le respect fonctionne dans les deux sens. Nous avons le droit d’être respectés  dans notre droit de parler le français, de le conserver, de le promouvoir et de l'étendre: j'en suis un  ardent défenseur . Monsieur Cunneyworth a aussi le droit d 'être respecté dans sa personne et sa fonction et on doit lui donner la chance d'apprendre. J'ajouterai que la compétence n'a rien a voir avec la langue, alors pensons y avant de continuer a dire toutes sortes de choses sur son compte et de vouloir le remplacer a tout prix . Laissons lui de temps de faire ses preuves: il les a faites abondamment dans les rangs mineurs. C'est un homme qui semble tout a fait correct et compétent  a prime abord : alors que l'on le laisse faire son travail et qu'on lui fiche la paix pour l'instant.

Chers amis(es), ne vous méprenez pas sur mon compte. Ceux et celles qui me lisent  depuis longtemps  savent a quel point je respecte le fait français. J'ajouterai  que  je  milite sans cesse   pour que cette langue soit  la seule langue officielle du Québec. Mais relativisons un peu et soyons calmes: on ne parle ici que d'un simple  coach de hockey et non pas d'un dirigeant politique, ni  d'un grand savant   ou du président de  la Caisse de dépôt. On doit aussi  donner a ce dirigeant sportif  la chance d'apprendre et de se faire valoir. A date, il n'a surement pas fait pire que Koivu sur le plan linguistique : alors respectons le un peu et faisons preuve d'un peu de gros bon sens a son endroit!

En guise de conclusion, je répéterai a nouveau ceci: vous voulez protéger votre langue? Commencez donc a bien l'écrire et surtout a bien la parler. Avant  de demander aux autres de l'apprendre, faites vous même votre part  et écoutez les gens parler sur la rue, dans les centres d'achats. Commençons par nous regarder le nombril: on pourra ensuite  parler de celui de monsieur Cunneyworth.

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Commentaires

  1. Mathieu Dumont dit :

    Les gens ne lui reproche pas d’être un anglophone,mais de parler uniquement l’anglais. C’est toute une différence.

  2. Lucie Carbonneau dit :

    M. Dumont,
    Je suis morte de rire d’entendre tout ce que j’entend depuis quelques jours…Hou Hou, des entraineurs québéçois ce club en a eu et qui les a chasser de Montréal…les commentateurs, jaunalistes parlés ou écrit, c’est même qui en ce moment qui déchirent leurs chemises parce que Randy Cunneyworth ne parle qu’anglais…Maudit qu’on est naïf et juste une bande de suiveux…Bêee…des moutons qui bêlent encore une fois par ces manipulateurs que sont ces grands connaisseurs et ne me parlé pas de la réaction de la classe politique. Je comprend maintenant le terme « classe politique » ils ont l’air d’une belle gang de bébé lala qui fréquentent la maternelle, pire j’ai plus de respect pour nos petits de 5 ans eux ils ont tout à apprendre. Il a été nommé entraineur par interim et maintenant on veut lui faire porter toutes les erreurs passées de ceux qui n’ont pas fait leur job…Dehors Pierre Gauthier et cie. Ce club a perdu de sa gloriole depuis quelques années…Ça prend des gagnants…comme Patrick Roy, avez-vous remarquer que depuis son départ ce club a perdu de son lustre et surtout de son identité.

    1. Lucie, j espere que Patrick Roy demeurera a Quebec . Personne ne merite le traitement journalistique et publique que vit souvent le coach du canadien.

  3. monette dit :

    Bravo pour votre article ces tres bien décrit et moi aussi je ne voudrais pas que Patrick Roy se retrouve a Montreal…
    Ils ont vraiment du temps a perdre sur cette histoire et si il gagne il deviendra un super héros..

  4. Alain Blais dit :

    Bonjour mr Dumont, je suis tellement d’accord avec vous que les gens puissent apprendre à bien écrire leur propre langue. C’est vraiment déplorable de voir la qualité de l’écriture des francophones au Québec.

    Pour ce qui est de mr Cunneyworth, je crois que les francophones n’ont rien compris avant de chiâler et de porter quelque jugement que ce soit. Nous les francophones sommes les premiers à plier l’échine devant les anglophones et je m’explique. Prenons l’exemple d’un repas au restaurant ou le serveur ou la serveuse ne parle pas français, nous nous empressons de lui répondre en anglais sans être offusqués de quoi que ce soit.Après tout, ce qui compte c’est qu’on ait reçu un excellent service, n’est-ce pas. On ne porte aucun commentaire désobligeant à propos du serveur et on le prend parfois en pitié parce que nous sommes fiers de pouvoir parler deux langues.Où est le problème? Jamais une personne n’est monté sur ses grands chevaux quand elle se fait aborder en anglais au Québec parce qu’on se dit que c’est normal.
    Mais aussitôt que les journalistes parlent d’une situation comme celle du CH, tout le monde crie sur les toîts à l’injustice, quelle hypocrisie de notre beau peuple québecois…
    Que le CH soit dirigé par un anglophone unilingue n’est pas dramatique parce que c’est le résultat qui compte.

  5. Merci a tous et celles qui ont écrit des commentaires. Je vais le répéter une fois de plus: les commentaires haineux et/ou anonymes seront effacés.